Paragraphe 2 — L’amour ne sauve pas, il révèle
L’amour n’a jamais été ce refuge que l’on imagine pour échapper à soi-même. Il n’est pas une barque dans laquelle on se sauve du naufrage intérieur, mais un miroir qui nous renvoie à notre propre visage. Aimer, c’est se confronter à ses blessures, à ses attentes, à ce besoin parfois démesuré d’être reconnu. Ce que nous appelons souvent amour n’est que la projection de nos manques sur un autre être, comme si l’autre devait réparer nos fissures intérieures. Mais l’amour authentique ne vient pas combler le vide : il le met en lumière. Il nous enseigne que personne ne peut nous sauver de nous-mêmes, et que le véritable amour commence lorsque l’on accepte d’aimer sans chercher à guérir.
Paragraphe 3 — Le danger de l’idéalisation
L’amour se corrompt lorsqu’on l’idéalise. Nous voulons qu’il soit pur, constant, parfait, à l’image de nos rêves. Pourtant, cette perfection imaginée le tue lentement. Aimer, ce n’est pas construire une idole, c’est accueillir une présence humaine, imparfaite, contradictoire. L’amour n’est pas une ascension vers un idéal, mais une descente vers le réel. Il n’exige pas la pureté, mais la vérité. Celui qui cherche dans l’amour une perfection divine finit par se détourner de la réalité humaine de l’autre — et de lui-même. L’amour véritable, loin d’être un idéal céleste, est une aventure terrestre : fragile, changeante, mais profondément vraie.