« Assis seul sur ce banc de sable, Kael revoyait les visages. Ceux qui l’avaient floué avec des sourires, ceux qui lui avaient promis monts et merveilles avant de disparaître, ceux qui avaient attendu sa chute pour se repaître des miettes. La colère montait en lui, froide, méthodique. Mais ce n’était pas la colère impuissante des vaincus. C’était une colère qui se cristallisait, se transformant en une résolution inébranlable. “Plus jamais”, murmura-t-il, sa voix emportée par le vent. »
« Cette défaite amère ne le briserait pas. Au contraire, elle le forgeait. Il se rendit compte que sa chute n’était pas due à un manque d’intelligence, mais à un manque de compréhension des véritables règles du jeu. Le monde n’était pas régi par la morale ou la bonne foi, mais par la force, la ruse, et surtout, la maîtrise des mécanismes. La loi n’était pas là pour protéger les faibles, mais ceux qui savaient la manier avec précision. »
« Cinq années passèrent. Kael avait refait surface, non pas en force brute, mais en stratège. Il avait monté Apex Capital, une entité d’apparence anodine mais redoutable, où chaque clause, chaque virgule des contrats formait une arme invisible. Désormais, il n’était plus la proie. Il était devenu le prédateur. »